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LA CHRONIQUE

Retours sur la réunion "éclairage public" du 15 mars 2016

Benjamin Godfroy

Retours sur la réunion "éclairage public" du 15 mars 2016

Le mardi 15 mars 2016 s'est déroulée à l'Espace Eco-Entreprenant de Monswiller une réunion sur l'éclairage public qui a réuni plus de 80 élus, maires et techniciens du territoire du Pays de Saverne. L'Association Française de l'Éclairage (AFE) et l'Association Nationale de la Protection du Ciel et de l'Environnement Nocturnes (ANPCEN) ont été invitées à témoigner sur les bonnes pratiques dans le domaine de l'Éclairage Public.

Pour l'AFE, "il faut éclairer juste"

Présentation de l'AFE

L'AFE est une association créée en 1930, qui regroupe 1000 adhérents d'horizon différent dont des distributeurs d'énergie et des architectes. Elle revendique néanmoins un gage de neutralité et milite pour un « éclairage juste » qui concilie enjeux sociétaux et économies d'énergie. Bernard Duval, expert éclairage de l'AFE, a proposé une présentation générale sur les enjeux de l'éclairage public. 
 
Dans un premier temps, M Duval a rappelé les objectifs de l'éclairage public. "Il doit permettre d'améliorer la sécurité routière, de prolonger les activités économiques, culturelles et sociales, ainsi que de mettre en valeur le patrimoine de nos villes".
Bernard Duval, AFE

Les enjeux de l'éclairage public

L'éclairage public est un domaine économique important avec un chiffre d'affaire de 800 millions d'euros par an, qui regroupe une diversité de métiers importante. Le parc comprend 9 à 10 millions de foyers lumineux soit l’équivalent d'une tranche de centrale nucléaire. M Duval a rappelé l'importance pour les communes de faire un état des lieux de leurs installations avant d'entamer des travaux de rénovation, de s'interroger sur leurs besoins. L'éclairage public pèse en moyenne 50 % de la facture électrique des collectivités territoriales.

Des axes d'amélioration

M Duval a évoqué plusieurs axes d'amélioration de l'éclairage public : 
- le remplacement du parc vétuste 
- la suppression des éclairages inadaptés (surnombre, luminaires type « boules »…). Un luminaire adapté permet de réduire les consommation de plus de 50 %. 
- l'utilisation des sources d'éclairages plus performantes, qui consomment moins (lampes Sodium Haute Pression, LED…). Ces éclairages permettent de réduire les consommations jusqu'à 60 %. 
- le contrôle des allumages : extinction ou réduction du flux lumineux à partir d'une certaine heure. 
 
L'expert a insisté sur le fait de s'intéresser au coût global de l'éclairage qui prend en compte l'ensemble des coûts monétaires (investissement, consommation, maintenance) mais également les nuisances sur l'environnement.

Et dans le futur ?

Enfin, M Duval a conclu sur la ville du futur et la place de l'éclairage public. Selon lui, « la ville est en train de profondément changer, elle soit s'adapter aux nouveaux transports doux (vélos, piétons…) mais également aux enjeux sociétaux tels que le vieillissement de la population, la transition énergétique ou encore l'amélioration du cadre de vie. Ces enjeux devront être pris en compte par l'éclairage public, ce qui passera probablement par un éclairage connecté et intelligent.»

Pour l'ANPCEN : « accès à la lumière ne signifie pas excès de lumière »

Présentation de l'ANPCEN

M Lazou, administrateur de l'ANPCEN (Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l'Environnement Nocturnes) a présenté la vision de son association de l'éclairage public. L'ANPCEN est une association nationale, composée uniquement de bénévoles, qui milite pour la « protection de la nuit ». Elle regroupe 8000 adhérents à travers toute la France.

Un « sur-éclairage » qui appelle à des recommandations sur l'éclairage

L'intervenant a mené un état des lieux du « sur-éclairage » en France : le temps d'éclairage a été augmenté en moyenne de 50 % entre 1992 et 2012. La surface éclairée a doublé en 20 ans, de même pour la quantité de lumière émise. L'éclairage public peut provoquer des désagréments importants pour les personnes désirant profiter de l'environnement nocturne, notamment l'observation des astres.  
L'expert de l'ANPCEN a décrit les conditions d'un bon éclairage : puissance lumineuse de 80 kilolumens au km maximale, une inclinaison de 0 % des luminaires, une consommation maximale de 5 Mwh/km/an et une distribution spectrale des lampes de 1950K maximale. 
L'administrateur a souligné que délinquance et agressions n'augmentent pas avec l'extinction. Par contre, les incivilités diminuent. Il n'existe pas non plus de corrélation entre accidentologie et extinction de l'éclairage.
Animation de comparaison de l'éclairage entre 1992 et 2010

Les impacts négatifs de l'éclairage sur la faune, la flore et … l'homme

M Lazou a rappelé que la nuit correspond à un environnement nocturne propre pour la faune et la flore. Elle joue notamment un rôle important dans la régulation des horloges biologiques des êtres vivants. La lumière artificielle peut désorienter les oiseaux, peut épuiser les insectes et a des impacts négatifs également sur les batraciens, les papillons, les mammifères (chauve-souris) et la flore également. L'intervenant a aussi insisté sur les risques de la lumière artificielle pour la santé des humains : dérèglement de l'horloge biologique, altération du sommeil, problème sur la vision à long terme. 

Pour conclure, M Lazou insiste sur les bonnes pratiques dans le domaine de l'éclairage public. « Il faut que les élus se réapproprient la question de l'éclairage public et ensuite qu'ils fassent appel à des spécialistes. Il est important d'inclure les enjeux environnementaux dans les calculs économiques. Enfin, il est nécessaire d'attendre des expertises indépendantes sur les produits nouveaux », avant de lancer le mot de la fin « l'accès à la lumière ne signifie pas excès de lumière ! ».
Jean Michel LAZOU, ANPCEN

Une discussion entre les élus orientée sur l'extinction de l'éclairage public

La réunion s'est terminée par un débat entre les élus du territoire. Il a beaucoup été question de l'extinction de l'éclairage public.

Des communes engagées vers l'extinction

A Ottersthal, la commune pratique l'extinction entre minuit et 5h du matin depuis 2012. Denis Schneider, élu de la commune confie « on a éteint du jour au lendemain, on a eu très peu d'opposition, les gens s'en sont peu rendu compte. On fait 25 % d'économie par an sur notre facture d'éclairage public ». 
 
La commune de Saverne a lancé une expérimentation en juillet 2015 sur 400 foyers, Eliane Kremer, adjointe confie « on a préparé cela avec le conseil de quartier. C'était important pour nous que les citoyens soient impliqués. Résultat, nous avons fait près de 8000 euros d'économies [depuis juillet]. Sur l'année, les économies devraient être de l'ordre de 15 000 euros par an pour un investissement de 10 000€ ». En somme, une belle opération économique pour la collectivité ! L'élue savernoise continue « nous avons récemment lancé un questionnaire de satisfaction sur l'expérimentation auprès de la population concernée. Globalement, elle est satisfaite ou très satisfaite dans 90 % des cas. Tous les arguments sont invoqués : « j'ai enfin pu dormir la fenêtre ouverte en été », « ça fait des économies pour la collectivité », « c'est bon pour l'environnement ». Les habitants sont donc satisfaits». Stéphane Leyerberger, lui aussi présent, tempère avec humour « Oui, enfin, Eliane, les râleurs c'est chez moi qu'ils vont directement. » Rires de la salle. Avant d'ajouter : « C'est clair qu'il y a quand même quelques réticences chez certains foyers, mais c'est très peu face à la majorité silencieuse qui soutient le projet, comme le montre le retour des questionnaires.»

Zittersheim, commune étoilée

Intervention de Claude KAMMERER
C'est au tour du maire de la commune de Zittersheim, Claude Kammerer de s'exprimer sur le sujet « On a mis en place l'extinction d'un réverbère sur 3, puis progressivement de 2 sur 3. On a aussi une gestion de proximité et organisée de notre éclairage public. Tous les 3 ans, on change un tiers des ampoules pour éviter les effets de papillonnements de l'éclairage public. En plus ça fait des économies, on n'a pas besoin de faire revenir la nacelle plusieurs fois par année pour remplacer les ampoules défaillantes ». Cet engagement a valu à la commune une récompense de l'ANPCEN, le village est labellisé « une étoile ». 
 
Une soirée riche en échanges sur les bonnes pratiques en matière d'éclairage public. Une bonne source d'inspiration pour les communes qui désirent agir sur leur éclairage public et se donner un peu d'air dans un contexte de baisses des dotations publiques.
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